Monthly Archive for janvier, 2009
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Very nice indeed ?
Louis François Marie Gaston de Lévis, marquis de Léran et de Mirepoix, ou la lettre de Rome
Ci-dessus, forum de Rome vu du Capitole : Arc de Septime Sévère, Basilique de Maxence et de Constantin, Temple d’Antonin et Faustine, Campanile de Santa Francesca Romana
Auteur anonyme, lavis d’encre brune, début du XIXe siècle
Le 4 novembre 1789, depuis Rome, Louis François Marie Gaston de Lévis, marquis de Léran et de Mirepoix, adresse à son intendant resté en France la lettre ci-dessous…
Rome, le 4 novembre 1789
Je suis arrivé en cette ancienne capitale du monde le 29 octobre à très bon port et en très bonne santé. Je vous en aurais plus tôt instruit, mais le courrier de Rome pour la France ne part qu’une fois par semaine, le mercredi. La plus grande paix, la plus grande tranquillité règnent ici. J’y suis d’autant plus sensible que j’ai quitté un séjour qui n’offrait pas les mêmes douceurs à beaucoup près.
Donnez-moi des nouvelles de mes terres de Mirepoix et de Léran. Ne s’est-il pas passé quelques nouvelles insurrections ? J’en suis d’autant plus occupé que j’en ai laissé les habitants dans les dispositions prochaines de ne respecter aucune propriété et de se refuser au payement des droits seigneuriaux.
La modestie de la dernière récolte en blé et le haut prix où il était déjà à mon départ m’alarment beaucoup et me font craindre une disette qui pourrait porter le peuple à en prendre partout où il y en aura, ce qu’il sera difficile d’empêcher, n’ayant laissé en France ni foi ni loi ni roi.
D’après cette considération, rassemblez les grains qui sont à rentrer, et vous verrez de les vendre au meilleur prix que vous pourrez en obtenir dans le courant de janvier prochain : c’est ordinairement l’époque où le prix en prend faveur, les fermiers ayant vendu à Noël pour faire honneur au terme de leur bail.
J’ai laissé en partant l’ordre de vendre les trois chevaux de carrosse ainsi que le cheval de selle noir pour ne garder que quatre chevaux, l’étalon et la mule.
J’ai dit de plus qu’on renvoyât Jean Dor et le postillon, qui resteraient des bouches inutiles, ce que je dois éviter dans la position où je me trouve de la soustraction d’une très grande portion de mes revenus et du chômage de mes trois forges qui en font la partie la plus considérable.
Vous direz de ma part à Dufresne de s’occuper de la rentrée de mes fonds et de la vente des fers qui lui restent en magasin, mais de ne les placer que sur des parties qu’il connaîtra très solvables. Il a tout le temps de s’en occuper puisque les forges ne travaillant pas lui laissent beaucoup de loisir.
Marquez-moi ce qu’on dit qui sera substitué à l’administration des états et le nouveau genre d’impôt dont nous sommes menacés.
Les gardes de Montségur et de Montferrier n’ayant plus rien à faire depuis que ces deux communautés se sont emparées de toutes les possessions que j’y avais, vous suspendrez les gages que je leur donnais. Je vous en avais déjà prévenu la veille de mon départ.
Comme on doit exiger des déclarations de l’argent qu’auront les particuliers, j’estime très prudent d’en laisser en France le moins possible. Je crains bien que le trouble, loin de s’apaiser, ne fasse tous les jours de nouveaux progrès. C’est pour en assurer l’impunité qu’on s’est emparé de la personne du roi, de la reine et de Mr. le dauphin et qu’on les a conduits à Paris. Il ne faut pas croire que ce soit pour jouir du spectacle de leur présence.
Tout ce qui se fait, tout ce qui se dit est un objet de dérision, peut-être même de satisfaction pour les étrangers qui sont ici en très grand nombre. Ils en paraissent plus étonnés qu’affectés.
Je vous souhaite une bonne santé et des jours plus sereins que ceux que j’ai laissés en France.
Vous m’écrirez à Rome chez son éminence Mgr le cardinal de Bernis, ministre du roi à Rome, sous une double enveloppe : il ne sera pas question de mon nom sur la première.
Elégant épistolier, le marquis annonce ici, de façon nette et rapide, l’heureux dénouement, "Je suis arrivé", de l’aventure qu’il vient de risquer, "j’ai quitté". Cultivant l’art de la litote, il passe sous silence les détails de cette aventure, qu’il traite comme une fortune de mer et dont il se borne à constater que, même si elle eût pu l’exposer au naufrage, elle l’a finalement conduit "à très bon port". Ce "port", c’est Rome, "ancienne capitale du monde". L’usage d’une telle épithète suffit à condenser ici ce que le marquis ne s’autorise pas à dire autrement. Jouant avec les valeurs de l’adjectif "ancien", le marquis évoque en l’occurrence la ville de Rome, "ancienne capitale du monde", en tant que figure du présent qui perpétue le passé, i. e. qui relève stricto sensu l’héritage antique et, au sens figuré, les valeurs de l’Ancien Régime. De façon implicitement référente à Paris, qui, après avoir été nouvelle capitale du monde, devient à son tour, en 1789, "ancienne capitale du monde", le marquis oppose tradition et révolution, et, sous le rapport de ces forces antagonistes, deux modes contraires du "séjour" terrestre : figure de l’ancrage assuré par la fidélité au monde "ancien", le "port" romain, symbole de "grande paix", "grande tranquillité" ; figure de la déshérence – "ni foi ni loi ni roi" -, le "séjour" français "qui n’offrait pas les mêmes douceurs à beaucoup près".
Le 17 mars 1789, Louis François Marie Gaston de Lévis, marquis de Léran et de Mirepoix, assiste aux Etats Généraux du Languedoc. Elu représentant de la noblesse aux Etats Généraux, il refuse de participer à ces derniers. Laissant à son fils Charles Philibert Gaston le soin de se rendre le 5 mai 1789 à Versailles, il s’occupe durant l’été de faire constater que, contrairement à ce que dit la rumeur, il ne stocke point "des ramassis d’armes et de munitions en poudre et en plomb dans son château de Lagarde". Il requiert des municipalités de Pamiers, Saverdun, Foix, une visite : "on ne trouva chez lui que les armes qu’un grand propriétaire qui vit à la campagne peut et doit avoir et que des munitions de chasse. La municipalité de Saverdun lui délivra un certificat de civisme"1. Après avoir transféré ses archives à Toulouse, en octobre 1789 il quitte son château de Lagarde pour Rome, emportant avec lui "au moins 500 000 francs, dont il veut se contenter pour le reste de ses jours"2.
Veuf de Catherine Agnès de Lévis depuis 1783, le marquis de Lévis Mirepoix est en 1789 âgé de 65 ans. Outre Charles Philibert Gaston de Lévis Mirepoix, son fils aîné, il laisse derrière lui sept autres de ses enfants : Marie Vincentine de Lévis Mirepoix, épouse de Jean Jacques Joseph de Polastron de la Hillère, marquis de Grepiac ; Henriette Charlotte de Lévis Mirepoix, chanoinesse à Metz ; Marie Gabrielle de Lévis Mirepoix, abbesse à Montargis ; Jeanne Odette de Lévis Mirepoix, chanoinesse à Neuville ; Marie Thérèse de Lévis Mirepoix, épouse de Louis Sylvestre de Crugy Marcillac ; Louise Elisabeth de Lévis Mirepoix, religieuse à Montargis ; Guy Casimir, comte de Lévis Mirepoix, sous-lieutenant de cavalerie. Le marquis de Lévis Mirepoix laisse également derrière lui son homme de confiance, Me Dufresne, notaire, qu’il a chargé de veiller au règlement de ses affaires et, plus spécialement, à celui de sa succession en faveur de son fils aîné Charles Philibert Gaston. C’est à son intendant que le marquis adresse la lettre reproduite ci-dessus, message princeps de l’exil romain.
Avant de formuler des instructions pratiques, le marquis demande à son intendant des "nouvelles". Dans la façon qu’il a de demander les dites "nouvelles", on note chez le marquis une discordance tragique entre l’amour de "ses terres" et la peur des "habitants" qui cultivent ces dernières : "Donnez-moi des nouvelles de mes terres de Mirepoix et de Léran. Ne s’est-il pas passé quelques nouvelles insurrections ? J’en suis d’autant plus occupé que j’en ai laissé les habitants dans les dispositions prochaines de ne respecter aucune propriété et de se refuser au payement des droits seigneuriaux".
L’usage du possessif, qui exprime la profondeur de l’attachement dans le syntagme "mes terres" fait paradoxalement défaut là où on l’attendrait aussi, conformément au style de l’Ancien Régime, à l’endroit des gens. Le marquis ne dit pas "mes gens", mais, de façon froidement distanciée, "les habitants", comme s’il s’agissait d’une population inconnue, appartenant à une autre planète. Le point de vue adopté est ici celui de Sirius. Il dénote le sentiment d’étrangeté radicale qui étreint le marquis relativement à une situation dont il ne comprend pas ou dénie les raisons, dont il constate qu’elle brave le principe de propriété, partant qu’elle contrevient à ses "droits seigneuriaux, partant qu’elle précipite la ruine de ce monde ancien qui demeure à ses yeux le meilleur des mondes possibles ou, plus exactement, le seul vivable.
Le propre de ce monde ancien dont le marquis prend pudiquement congé, c’était l’ordre garanti par la hiérarchie des normes - la "foi" la "loi" le "roi" -, i. e. par Dieu, par le droit, et par le monarque qui assure le respect de Dieu et du droit. Le propre du monde nouveau que le marquis voit venir, c’est, dit-il, le désordre qui résulte du "ni foi ni loi ni roi", désordre à la faveur duquel, les passions du corps l’emportant désormais sur les raisons de l’âme et de l’esprit, les "insurrections", le "trouble", augurent tragiquement l’avénement du règne de la force. Le marquis ne manque pas de sens politique. Il a saisi que dans ce monde nouveau les "habitants" de "ses terres" deviennent un "peuple", une force, et que, reconduit par la "disette" à ses besoins primaires, ce "peuple" va chercher à satisfaire sa faim par n’importe que moyen, partout où il le pourra : "La modestie de la dernière récolte en blé et le haut prix où il était déjà à mon départ m’alarment beaucoup et me font craindre une disette qui pourrait porter le peuple à en prendre partout où il y en aura, ce qu’il sera difficile d’empêcher, n’ayant laissé en France ni foi ni loi ni roi".
De façon extrêmement serrée, tendue, le marquis condense ici, en une seule phrase, l’ensemble des tenants et aboutissants de la dynamique révolutionnaire. La phrase se termine par une anacoluthe : le syntagme final, "n’ayant laissé en France ni foi ni loi ni roi", n’est en effet ni directement relié à ce qui précède, ni pourvu d’un sujet immédiatement repérable. Qui ou quoi "n’a laissé en France ni foi ni loi ni roi" ? C’est grammaticaliter le "peuple", invoqué quelques mots auparavant. C’est historialiter, comme indiqué par l’effet de l’anacoluthe, une force sans sujet, une force sans nom, qui s’exerce de façon aveugle sur le mode que l’on définira plus tard comme étant celui du matérialisme historique. Le penchant réactionnaire n’exclut pas chez le marquis l’acuité intellectuelle, partant la préscience de l’issue finale : "C’est pour en assurer l’impunité qu’on s’est emparé de la personne du roi, de la reine et de Mr. le dauphin et qu’on les a conduits à Paris. Il ne faut pas croire que ce soit pour jouir du spectacle de leur présence".
Le choix de l’émigration, on le remarque, n’exclut pas non plus chez le marquis certain amour de la patrie. "Tout ce qui se fait, tout ce qui se dit est un objet de dérision, peut-être même de satisfaction pour les étrangers qui sont ici en très grand nombre. Ils en paraissent plus étonnés qu’affectés", observe-t-il en octobre 1789, à Rome. Le style de la gradation, "un objet de dérision, peut-être même de satisfaction", celui de la comparaison, "plus étonnés qu’affectés", expriment semblablement la réprobation. Le style, c’est l’homme, comme on sait. Le style révèle ici, comme en creux, ce que l’honnête homme ne dit pas, parce qu’il s’agit de ce qui va de soi : la France ne saurait être pour personne "objet de dérision" ; ses malheurs devraient "affecter", non point passivement "étonner", voire indignement "satisfaire". On devine que Louis François Marie Gaston de Lévis, marquis de Léran et de Mirepoix, aime sa France, d’un amour qui est celui d’un territoire, d’une histoire, d’un système de valeurs, d’une civilisation, mais point d’un "peuple", au sens de communauté mue par la passion de l’égalité. A ce titre, il n’est pas moderne, et il demeure en cela le témoin d’un âge révolu.
Louis François Marie Gaston de Lévis, marquis de Léran et de Mirepoix, s’adresse ici à son intendant, homme de confiance, d’où les sentiments qu’il laisse paraître ou les jugements qu’il pose, à demi-mots. D’où les inquiétudes qu’il formule, cette fois de façon explicite, concernant la politique administrative fiscale du nouveau gouvernement : "Marquez-moi ce qu’on dit qui sera substitué à l’administration des états et le nouveau genre d’impôt dont nous sommes menacés. [...] Comme on doit exiger des déclarations de l’argent qu’auront les particuliers, j’estime très prudent d’en laisser en France le moins possible…" D’où les mesures de prudence qu’il a déjà prises en emportant par devers lui 500 000 francs, soit la totalité des liquidités dont il disposait au début du mois d’octobre 1789, et les mesures d’économie qu’il invite son intendant à prendre en son nom afin de compenser, dit-il, "la soustraction d’une très grande portion de mes revenus et le chômage de mes trois forges qui en font la partie la plus considérable".
Au titre des mesures d’économie, sans état d’âme exprimé, comme aujourd’hui n’importe quel chef d’entreprise, le marquis choisit de "renvoyer" ceux "qui resteraient des bouches inutiles" : "Jean Dor et le postillon ; les gardes de Montségur et de Montferrier". Il invite ensuite son intendant à spéculer sur le cours du blé : "rassemblez les grains qui sont à rentrer, et vous verrez de les vendre au meilleur prix que vous pourrez en obtenir dans le courant de janvier prochain : c’est ordinairement l’époque où le prix en prend faveur, les fermiers ayant vendu à Noël pour faire honneur au terme de leur bail". Il mande enfin à son intendant de faire vendre par Me Dufresne, son notaire, à "des parties qu’il connaîtra très solvables", tout ce qui constitue, en la circonstance, matières premières et équipements inutiles : "fers" nécessaires au trois forges, dont l’activité se trouve suspendue par le mouvement révolutionnaire ; "trois chevaux de carrosse ainsi que le cheval de selle noir", puisqu’il n’y aura plus de sorties en carrosse, ni de promenades à cheval dans la campagne, ni d’exercices au manège. Le marquis ne conserve ainsi, au titre du strict nécessaire, que "quatre chevaux, l’étalon et la mule" : de quoi assurer le trait d’une charrette ou d’un char à banc, ainsi que la reproduction, et le port des charges légères.
On remarque au passage qu’en 1789, le métier du seigneur n’est plus du tout celui des armes, mais celui du chef d’entreprise. A la gestion du patrimoine agricole, qui rapporte peu en agriers, il ajoute celle d’un patrimoine industriel, ici constitué des trois forges, qui est au XVIIIe siècle d’un meilleur rapport et jouit de de capacités de développement supérieures. Mais l’insurrection de 1789, qui pousse les ouvriers à débrayer, met un coup d’arrêt à l’activité des seigneurs maîtres de forge, et, privant ces derniers des revenus nécessaires à l’équilibre de leur balance des comptes, précipite la ruine du modèle entrepreneurial qu’ils avaient su maintenir ou développer jusqu’alors. Faute de paiement des agriers, Charles Philibert Gaston, le fils aîné du marquis, ne pourra plus racheter de fer les années suivantes, et, faute de fer, lorsque les pouvoirs publics l’exigeront de lui, il ne pourra pas non plus relancer l’activité des forges, de telle sorte que celles-ci fermeront définitivement en 1792. Plus tard, la nouvelle bourgeoisie viendra recréer sur d’autres bases l’ancienne activité des seigneurs maîtres de forges.
Louis François Marie Gaston de Lévis, marquis de Léran et de Mirepoix, quant à lui, prend ici congé du monde ancien en même temps que de son intendant, à qui il souhaite, comme si de rien n’était, "une bonne santé", et aussi, dit-il, "des jours plus sereins que ceux que j’ai laissés en France", considérant sans doute qu’en raison de la différence de condition qui les sépare, l’intendant, au regard de la Révolution en marche, a davantage à espérer et moins à craindre que le maître.
Arrivé à Rome le 29 octobre, Louis François Marie Gaston de Lévis, marquis de Léran et de Mirepoix, s’y trouve reçu par son ami François Joachim de Pierre, cardinal de Bernis, alors ambassadeur de France auprès de Pie VI. Les instructions relatives à la poursuite de la correspondance entre l’intendant et le marquis, "Vous m’écrirez à Rome [...] sous une double enveloppe ; il ne sera pas question de mon nom sur la première", s’expliquent par le souci que le marquis entretient de ne point compromettre aux yeux du nouveau gouvernement français, son ami, le cardinal de Bernis.
Ci-contre : portrait du cardinal de Bernis, gravé par Domenico Cunego d’après une toile d’Antoine François Callet.
François Joachim de Pierre, cardinal de Bernis, tentera vainement en 1790 de déjouer l’obligation de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Sommé en 1791 de prêter le dit serment, il s’y refuse, reçoit ses lettres de rappel, choisit de rester à Rome, et se voit dépossédé de son évêché d’Albi, de son traitement, puis de tous ses biens. Il meurt en 1794 à Rome, ruiné.
Resté en France, Charles Philibert Gaston de Lévis Mirepoix, fils aîné et, à ce titre, héritier du marquis, tente vainement de sauver le patrimoine familial. Il est arrêté au château de Lagarde, transféré à Paris et guillotiné le 8 prairial an II (28 mai 1794). Le château, pendant ce temps, se trouve pillé et détruit.
Me Dufresne, le notaire du marquis, fait partie du groupe de 11 Mirapiciens transférés à Paris en charrette, le 26 messidor 1794 (14 juillet), pour y être guillotinés, sur ordre de Vadier, natif de Pamiers, président du Comité de Sûreté générale. Heureusement, le groupe n’arrive à Paris qu’après le 9 thermidor. La mort de Robespierre vient de mettre fin à la Terreur. Rapidement libéré, le groupe sera de retour à Mirepoix la veille de Noël 1794, après qu’il eût parcouru à pied les 1700 kilomètres de l’itinéraire imposé.
Louis François Marie Gaston de Lévis, marquis de Léran et de Mirepoix, a sans doute bien vécu, chez François Joachim de Pierre, cardinal de Bernis, les premières "douceurs" du "séjour" romain.
Partageait-il le goût de son ami cardinal pour la table et les parties fines, goût dont Casanova fait état, en des termes réjouissants, dans ses fameux Mémoires ? Je l’ignore.
Après la mort du cardinal, le marquis, qui se trouve désormais dénué de son principal soutien, s’installe à Venise où il termine sa vie dans une quasi indigence. Mort le 23 février 1800, il est enterré dans la petite église San Vitale. Une plaque et un portrait y rappellent son souvenir.
Ci-dessus : plaque et portrait de Louis François Marie Gaston de Lévis Mirepoix, dans l’église San Vitale, à Venise (cliché aimablement communiqué par Gabrielle Cambus).
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NB : Je dois à Martine Rouche la connaissance de la superbe lettre de Louis François Marie Gaston de Lévis Mirepoix reproduite ci-dessus. Qu’elle en soit ici remerciée.
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Choses vues pendant la tempête
Samedi 17 heures
A gauche : samedi 20 heures ; à droite : dimanche 08 heures.
Panne d’électricité : plus de lumière, plus de chauffage, plus d’induction, plus de téléphone. Panne de réseau : plus de contacts, plus de nouvelles. On ne peut plus rien faire cuire. On mange froid. Difficile de lire à la bougie. On se gèle jusque dans le lit. Rare occasion d’imaginer un peu comment certains vivaient autrefois, ou comment certains autres vivent aujourd’hui aussi, de façon bien plus cruelle encore…











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