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Monthly Archive for juillet, 2008

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Abandoned place

J’emprunte le titre de cet article au très beau site Abandoned Places, créé par Henk van Rensbergen. L’adresse de ce site figure depuis longtemps sur la page Liens de La dormeuse blogue. Je suis sensible, moi aussi, à la mélancolie des lieux déshabités, hantés encore par le souvenir d’une présence ancienne, livrés aux herbes folles, aux serpents, aux nuages. Qu’est-il arrivé aux gens d’ici ? Où sont-ils partis ?

Le monde sauvage 1

Au bord de la rivière, "cette idole, yeux noirs et crin jaune, sans parents ni cour, plus noble que la fable"1 fume la pipe par le nez. Assis sur l’autre rive, nous contemplons chaque jour cette face rude. Dans l’eau passent des poissons, des feuilles, quelquefois des serpents. La vie, lente ou rapide. Surgi de de l’ombrage, un héron nous regarde sans bouger. Nous de même. Puis, à reculons, il s’efface sous les feuilles. Tout est calme. Une buse plane dans le ciel. "Un jour, sur ses longs pieds, allait je ne sais où", dit La Fontaine, "le Héron au long bec emmanché d’un long cou. Il côtoyait une rivière. L’onde était transparente ainsi qu’aux plus beaux jours…"

  1. Arthur Rimbaud, Illuminations, "Enfance", I []

Tout paysage est une expérience onirique

« On rêve avant de contempler. Avant d’être un spectacle conscient, tout paysage est une expérience onirique », dit Gaston Bachelard dans L’eau et les rêves1. Cet avant du paysage, c’est le foisonnement indifférencié de la matière-monde – il y a de l’eau, du bois, des feuilles, des pierres -, et c’est le travail naturel de l’imagination, qui, jetant ainsi un pont entre la matière et l’esprit, veut que, endormis ou éveillés, nous formions spontanément des images à partir du divers de nos sensations.

  1. Gaston Bachelard, L’eau et les rêves, Librairie José Corti, 1942 []
  2. Guy de Maupassant, Sur l’eau, 1881 []

Françoise Escholier Pour les yeux d’Anitra

Françoise Escholier publie cette année chez l’éditeur Domens à Pézenas un roman intitulé Pour les yeux d’Anitra. Titre étrange, qui conserve intacte sa charge d’énigme après qu’on a lu et qu’on « sait la fin ».

  1. Françoise Escholier, in La racine et autres nouvelles, éditions Domens, Pézenas []
  2. Evangile de Mathieu, 5, 3-8 []

Au Salon du livre d’histoire locale

Des livres, des livres, partout des livres sous les couverts et sous la halle ! Pour moi, le paradis. C’était, dimanche dernier, 6 juillet 2008, à Mirepoix, la XIVème édition du Salon d’histoire locale. On y vient chercher l’oiseau rare, le livre qui manque à la bibliothèque familiale, celle que l’on a constituée à propos du village natal, de sa grande ou petite histoire, de ses légendes, de ses monuments, de ses héros, de sa guerre ; on y vient nourrir sa passion pour le bruit des siècles, les généalogies, nobles ou roturières, les métiers d’antan, les voyages pittoresques, la démographie, etc. ; on y vient aussi pour rencontrer les auteurs, déjeuner en leur compagnie, échanger des idées, des anecdotes, bref, partager un moment de convivialité bon comme le pain, simple et craquant. C’est la fête à l’Histoire ! c’est la fête à Mirepoix !




Il y a quelque chose plutôt que rien.

  

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