Christine Belcikowski

Publications 4

Pourquoi au bord de la mer ?

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Le vent se souvient des plaines immenses
de la mer,
et du pas des sentiers qui cheminent suspendus
au-dessus de leurs bords écumeux.
L’air du large gonfle les voiles des navires
et le sein des lessives que les mères étendent
au front des jardins.
Le vent se souvient du petit peuple
des maisons,
tapies dans le secret de leurs portes
qui claquent
au fond d’un couloir endormi.
Le vent se souvient des journaux-catastrophe
qu’il effeuille
sans remords, comme la marguerite,
sur la table des bars.
Le vent se souvient des jupes qu'il soulève
d’aventure, oh ! la bonne aventure !
au coin des ruelles.
Le vent se souvient des chevelures, brunes ou blondes,
qu’il vaporise, pfft !
d’un souffle-rayogramme,
dans le bleu du ciel.
Et il va semant là, au passage des heures brèves
sa mémoire plus ancienne
du rire de la mer et des dieux,
sa rumeur des lointains légendaires,
sa passion d’outre-temps.

Souvenir d'une journée à Pasaia, ou Pasajes en castillan, dans la comarque basque de San Sebastián.

Folquet de Marseille. Tenso Folquet - Tostemps

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« Folquetz de Marseille si fo de Marseille, fills d'un mercadier que fo de Genoa et ac nom ser Amfos. E quand lo paire moric si.l laisset molt ric d'aver... » (1), dit la chronique. Fils d'une famille de marchands gênois émigrés à Marseille et en Arles, Folco Amfos est un bourgeois établi à Marseille en 1178, de façon dûment attestée. On lui connaît étrangement deux vies successives.

Riche héritier de son père marchand, il continue d'abord l'activité paternelle. Marié et père de famille, outre ses ses activités commerciales, il mène sous le nom de Folquet de Marseille une brillante carrière de troubadour auprès de la maison d'Aragon à Marseille, puis de la cour de Bernard Athon à Nîmes, puis de celle de Guillaume VIII à Montpellier, puis de celle de Raimon Gufridi Barral à Marseille encore. Après la bataille d'Alarcos en Espagne, qui voit la victoire du calife Abü Jûsuf sur Alphonse VIII de Castille, il compose en 1187 un poème en l'honneur de Richard Cœur de Lion, qui part pour la Croisade. Il consacre à la défense des lieux saints le dernier de ses poèmes, dédié à Alphonse II d'Aragon et à Alphonse VIII de Castille. Cet ultime poème date de 1195.

folquet_marseille.jpg

Lettrine historiée tirée du Chansonnier provençal. Manuscrit de la seconde moitié du XIIe siècle. BnF.

Après 1195, Folco Amfos, alias Folquet de Marseille, abandonne le siècle. Il se rend avec sa femme et ses deux fils à l'abbaye cistercienne du Thoronet en Provence, il devient abbé de ce monastère, et en 1205 il est nommé évêque de Toulouse. Connu par la suite sous le nom de Foulques de Toulouse, il s'engage auprès de Saint Dominique, puis auprès de Simon de Montfort, dans la lutte contre l'« hérésie » albigeoise. La légende noire fait de lui, à ce titre, un « vilain », complice de « cruautés » et d'« injustices ». D'autres témoignages disent de lui qu'il fut un prélat remarquable, « de caractère bon et honnête », investi plutôt dans un rôle de « médiateur ». Après avoir collaboré à la création de l'Université de Toulouse, il meurt le jour de Noël de l'année 1231 et il est enterré à l'abbaye cistercienne de Grandselve, près de Toulouse. (1)

Dante place Folquet de Marseille, seul de tous les troubadours célèbres, parmi les « spiriti amanti » dans son Paradis (IX, 64 sqq.) :

Folco mi disse quella gente a cui / fu noto il nome mio...
Foulques m'appela cette nation qui connut bien mon nom...

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La nuit vient

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Le soir tombe,
l’encrier de la nuit se renverse,
son encre flue dans les arbres,
les herbes, les roses,
et le chemin se perd dans le noir du monde.
Tu as oublié d’étendre le linge sous l’appentis,
et tu ne sais plus lire la page
de ta destinée terrestre.
Confie-toi à la lanterne sourde
des étoiles
et marche aveugle au devant
des obscures palpitations des choses,
des choses comme toi,
des choses sans pourquoi.

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