Christine Belcikowski

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À propos de François Tristan de Cambon, dernier évêque de Mirepoix. IV. Un prélat contre-révolutionnaire

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Partisan du progrès en matière d'agriculture, d'aménagement du territoire, de développement des transports, etc. ; partisan aussi d'un certain progrès de l'esprit critique en matière de pratique religieuse, Monseigneur de Cambon s'illustre cependant à partir de juillet 1789 par le caractère farouche de la résistance qu'il oppose aux idées de la Révolution. Il est et demeure un descendant de la vieille noblesse de robe, à ce titre nullement acquis aux chimères de l'égalité républicaine, car convaincu, comme Montesquieu, de la seule excellence du principe monarchique — « Un Dieu, Une Loi, un Roi ».

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À propos de François Tristan de Cambon, dernier évêque de Mirepoix. III. Un exercice décomplexé de l'épiscopat

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Dans la situation socio-économique dégradée dont souffre le diocèse de Mirepoix à la veille de la Révolution, François Tristan de Cambon, dernier évêque de Mirepoix, s'illustre par une action charitable d'envergure (1). Cette action se trouve rendue possible par le versement optimal de la dîme. Monseigneur de Cambon se montre à telle fin un administrateur vigoureux, refusant malgré les pressions tout délai de paiement et requérant sans états d'âme poursuite et emprisonnement des mauvais payeurs (2). L'homme se montre par ailleurs libre de ses goûts et de son style de vie. Il constitue de la sorte, au moins au regard de Jean Baptiste de Champflour, son prédécesseur immédiat, « le plus pieux, le plus charitable des évêques de France mais aussi le plus négligé dans les affaires temporelles de son diocèse » (3), la figure nouvelle et en quelque sorte moderne d'un épiscopat que nous savons, nous, à court terme condamné.

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Ci-dessus : portrait de Monseigneur de Cambon. Source : Académie des Jeux Floraux. Les Mainteneurs ecclésiastiques sous la Révolution.

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Arnaud de Mareuil. Amor de lonh, amor de prop. Insomnie et rêve

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Après un premier extrait du Salut d'Arnaud Mareuil intitulé Dona, genser qu'ieu no sai dir.., en voici un second, dans lequel le trobador développe un bel exemple de l'érotique courtoise. À l'adresse, dit-on, de la comtesse Azalaïs de Toulouse, fille de Raymond V, épouse de Roger II Trencavel, il évoque ici tour à tour les tourments d'amour dont il souffre durant ses insomnies, puis les jouissances qui lui viennent en rêve.

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Ci-dessus : à Burlats, pavillon, dit d'Azalaïs, ou d'Adélaïde. Azalaïs de Toulouse en avait fait sa résidence d'agrément et elle y entretenait une troupe de troubadours, dont Arnaud de Mareuil.

Comme chaque fois, après la reproduction du texte original, la traduction se veut la plus proche possible de l'original en question.

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Arnaud de Mareuil. Extrait de Dona, genser qe no sai dir. Vers 109 à 152. In Les saluts d'amour du troubadour Arnaud de Mareuil. Textes publiés par Pierre Bec. Édouard Privat, éditeur. Toulouse. 1961.

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Tout le jour je souffre cette bataille,
Mais la nuit j'endure un pire tourment :
Quand suis allé me coucher
Et que cuide quelque plaisir avoir,
Alors me tourne et me retourne et vire,
Pense et repense et puis soupire.
Et puis me lève sur mon séant,
Après m'en retourne m'étendre,
Et me couche sur le bras droit,
Et puis me tourne à senestre,
Me découvre soudainement
Puis me recouvre lentement.
Et quand me suis assez tourmenté,
Je mets dehors mes deux bras
Et tiens le cœur et les yeux, humblement baissés,
Mains jointes, vers le pays,
Où je sais, Dame, que vous êtes.
Je fais alors ce discours qu'ouïr vous pouvez :

Ah ! bonne Dame de belle essence,
Pourvu qu'il arrive que [moi] votre fidèle fin amans (1),
De son vivant, le jour ou le soir,
Ou en secret ou à loisir,
Puisse votre gentil corps gracieux et de belle prestance
Entre mes bras admirer, et baiser
Vos yeux et bouche si doucement
Qu'à lui seul un baiser m'en fasse pour cent
Et que puisse, moi, blêmir de joie par vous !

Là, j'ai [déjà] trop dit, mais ne puis dire plus
Car en une fois seulement j'ai parlé,
Alors que dans le cœur depuis longtemps j'y ai pensé.
Même si j'ai ici en cela trop dit, ne puis plus en dire.

Mes yeux fermant, je fais un soupir,
Et en soupirant, je vais m'endormant ;
Alors s'en vont mes esprits
Tout droitement, Dame, vers vous
Que de voir je suis languissant.
Tout ainsi comme je vous désire
La nuit et le jour, chaque fois que j'y songe,
De sa faim de vous il [le fin amans] vous fait hommage,
Embrasse et baise et maniotte.
Pour que dure ainsi ce que j'en ressens,
Ne voudrais être seigneur de Reims.
Plus voudrait jouir en dormant
Que veillant, de désir languir.

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1. Fin amans : adepte de la fin amor, i.e. de l'amour courtois, façon d'aimer sa ou son partenaire avec respect et fidélité, dans le but commun d'atteindre la jǫi (joie) et le bonheur.

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À propos de François Tristan de Cambon, dernier évêque de Mirepoix. II. Un administrateur vigoureux

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Le 16 février 1790, puis le 5 juin 1790, en vertu du décret de l'Assemblée nationale du 13 novembre 1789, Pierre Paul Alard, receveur des décimes, fournit à l'administration révolutionnaire le détail des revenus et charges de François Tristan de Cambon, évêque de Mirepoix. Il s'agit là des revenus et charges imputables à l'évêché de Mirepoix pour l'année 1789. La liste desdits revenus et charges se trouve affichée ensuite à la porte de la cathédrale de Mirepoix, ainsi qu'à celle de chacune des églises concernées — Mazerettes, Tourtrol, Besset, Malegoude, Lafage, Cazazils, Ribouisse, Plavilla, etc.

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À propos de François Tristan de Cambon, dernier évêque de Mirepoix

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J'ai pu consulter dans une collection privée la correspondance que François Tristan de Cambon, dernier évêque de Mirepoix, Ariège, a entretenue de 1787 à 1791, chaque fois qu'il séjournait dans sa famille à Toulouse, avec Pierre Paul Alard, son procureur fondé, par ailleurs receveur des décimes (1) du diocèse de Mirepoix. À cette correspondance s’ajoute celle qu’ont échangée dans le même temps Pierre Paul Alard et Antoine Darquier [de Pellepoix], receveur général du clergé de France pour la généralité de Toulouse, par ailleurs receveur des impositions de l'Élection de Lomagne. Cet ensemble de correspondances provient de la maison Lamarque, de Rieucros, Ariège (2). Pauline Alard, petit-fille de Pierre Paul Alard, a épousé Dominique Paul Lamarque, le 25 novembre 1856 à Pamiers. Le couple et sa descendance ont vécu ensuite à Rieucros.

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