Christine Belcikowski

Publications 4

Le Pérégrin et la Mérégrine

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Le Pérégrin et la Mérégrine,
vont d’un pas chagrin,
cherchant le bonheur,
qui sait ?
au bout du chemin.
— Opalin... dit le Père aigrin,
— Oh ! ma laine ! crie la Mère aigrine,
elle va finir !
— Oh ! ta laine ! grince le Père aigrin,
il y a loin de ta vieille ficelle,
aux laines d'Hélène
et de Pénélope.
— Hop là ! vieille lope,
ma laine est la tienne,
point d'opalin qui tienne,
s'il n'y a plus de laine,
oh ! ma laine !
point non plus de silène,
sais-tu ? qui atteigne
le bout du chemin.
Opalin, oh ! ma laine,
va te faire considérer,
gare au sphinx !
chez les Grecs !

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Albert Bausil. La Terrasse au soleil. Musiques dans le parc. Le tennis

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Musiques dans le parc... Cette danse, Qui n'a d'intérêt que par sa cadence. À mes petites Nièces de Vernet.

« Les adolescents et les jeunes filles
Sont vêtus de blanc sous les arbres verts.
Cinq heures de soir. Les jeux sont ouverts ;
L'ombre langoureuse est sous les charmilles.
Rasant le filet, la balle qui brille
Trace des sillons d'argent dans les airs.
Les adolescents et les jeunes filles
Courent en riant sous les arbres verts.

Les adolescents et les jeunes filles,
Souples sous la laine et sous le linon,
Évoquent parfois avec leurs quadrilles
Des frises de vase ou de Parthénon.
Plus harmonieux dans leurs souquenilles
Que joueur de flûte ou de tympanon,
Les adolescents et les jeunes filles
Campent des Diane et des Actéon !

... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Les adolescents et les jeunes filles
Quittent, maintenant, le tennis ombreux.
La nuit violette interrompt les jeux ;
La troupe chantante a passé les grilles.
Bondissants, légers, dans leurs espadrilles,
Sans songer au soir qui descend sur eux,
Les adolescents et les jeunes filles
Rentrent dans la nuit par les chemins bleus. » (1)

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Albert Bausil. La Terrasse au soleil, p. 63. Musiques dans le parc. « Le tennis ». Edition du Coq Catalan. Imprimerie Ch. Latrobe, Barrière & Cie successeurs. 1921.
Albert Bausil, né à Castres (Tarn) le 16 décembre 1881 et mort à Perpignan (Pyrénées-Orientales) le 2 mars 1943, est un descendant de François Bauzil, baptisé le 23 juillet 1741, bourgeois de Mirepoix (Ariège).

La barque de Thésée

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Τὸ δὲ πλοῖον ἐν ᾧ μετὰ τῶν ἠιθέων ἔπλευσε καὶ πάλιν ἐσώθη, τὴν τριακόντορον, ἄχρι τῶν Δημητρίου τοῦ Φαληρέως χρόνων διεφύλαττον οἱ Ἀθηναῖοι, τὰ μὲν παλαιὰ τῶν ξύλων ὑφαιροῦντες, ἄλλα δ´ ἐμβάλλοντες ἰσχυρὰ καὶ συμπηγνύντες οὕτως, ὥστε καὶ τοῖς φιλοσόφοις εἰς τὸν αὐξόμενον λόγον ἀμφιδοξούμενον παράδειγμα τὸ πλοῖον εἶναι, τῶν μὲν ὡς τὸ αὐτό, τῶν δ´ ὡς οὐ τὸ αὐτὸ διαμένοι λεγόντων.

C'est Plutarque, dans sa Vie des hommes illutres, qui évoque le problème dit « de la barque de Thésée ».

« Le bateau sur lequel Thésée s'était embarqué avec les autres jeunes gens, et qu'il ramena heureusement à Athènes, était une galère à trente rames, que les Athéniens conservèrent jusqu'au temps de Démétrios de Phalère (1). Ils en ôtaient les vieilles pièces, à mesure qu'elles tombaient en ruine, et les remplaçaient par des neuves qu'ils joignaient solidement aux anciennes. Aussi les philosophes, dans leurs disputes sur la nature des choses dont on remplace les pièces anciennes par des pièces nouvelles, citent ce navire comme un exemple de doute, et soutiennent les uns que c'était toujours le même bateau, les autres que c'était un bateau différent. »(2)

Qu'en est-il de ce bateau une fois qu'un jour, toutes les pièces en ont été remplacées ? S'agit-il encore du même bateau ? ou d'un bateau différent ? Là réside, en matière d'ontologie de l'objet, le problème philosophique que pose la restauration du patrimoine.

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1. Démétrios de Phalère (ca 360 av. J.-C. ; 282 av. J.-C.), orateur et homme d'État athénien.

2. Plutarque. Vie des hommes illustres. Tome I. Thésée. XXI. [23] (1).

Romain Rolland.« Nous allons au-devant de l’alouette »

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« Je passe d’abord chez ma fille, pour prendre ma petite Glodie. Nous faisons tous les jours notre promenade ensemble. C’est ma meilleure amie, ma petite brebiette, ma grenouille qui gazouille. Elle a cinq ans passés, plus éveillée qu’un rat et plus fine que moutarde. Dès qu’elle me voit, elle accourt. Elle sait que j’ai toujours ma hotte pleine d’histoires ; elle les aime autant que moi. Je la prends par la main.

— Viens, petite, nous allons au-devant de l’alouette.
— L’alouette ?
— C’est la Chandeleur. Tu ne sais pas qu’aujourd’hui elle nous revient des cieux ?
— Qu’est-ce qu’elle y a été faire ?
— Chercher pour nous le feu.
— Le feu ?
— Le feu qui fait soleil, le feu qui fait bouillir la marmite de la terre.
— Il était donc parti ?
— Mais oui, à la Toussaint. Chaque année, en novembre, il s’en va réchauffer les étoiles du ciel.
— Comment est-ce qu’il revient ?
— Les trois petits oiseaux sont allés le chercher.
— Raconte… [...].
— Raconte, père-grand, les trois petits oiseaux…
(J’aime à me faire prier.)
— Les trois petits oiseaux sont partis en voyage. Les trois hardis compères : Roitelet, Rouge-Gorge et l’amie l’Alouette. Le premier, Roitelet, toujours vif et remuant comme un petit Poucet, et fier comme Artaban, aperçoit dans les airs le beau feu, tel un grain de millet, qui roulait. Il fond sur lui, criant : « c’est moi ! je l’ai. C’est moi ! » Et les autres crient : « Moi ! Moi ! Moi ! » Mais déjà le Roitelet l’a happé au passage et descend comme un trait… « Au feu ! au feu ! il brûle ! » Telle bouillie bouillante, Roitelet le promène d’un coin de bec à l’autre ; il n’en peut plus, il bâille, et la langue lui pèle ; il le crache, il le cache sous ses petites ailes… « Ahi ! Ahi ! Au feu ! » Les petites ailes flambent… (As-tu bien remarqué ses taches de roussi et ses plumes frisées ?…) Rouge-Gorge aussitôt accourt à son secours. Il pique le grain de feu et le pose dévotement en son douillet gilet. Voilà le beau gilet qui devient rouge, rouge, et Rouge-Gorge crie : « J’en ai assez, assez ! mon habit est brûlé ! » Alors Alouette arrive, la brave petite m’amie, elle rattrape au vol la flamme qui se sauvait pour remonter au ciel, et preste, prompte, précise comme une flèche, sur la terre elle tombe, et du bec enfouit dans nos sillons glacés le beau grain de soleil qui les fait pâmer d’aise… 

J’ai fini mon histoire. Glodie caquette, à son tour. Au sortir de la ville, je l’ai mise sur mon dos, pour monter la colline... » (1)

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1. Romain Rolland. In Colas Breugnon. I. L'alouette de la Chandeleur. Librairie Ollendorff. 1919.

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